Jeudi
01
Déc

Associer / Dissocier les éléments du chant

Publié à 14:03, Dans la catégorie A bosser
Tags exercices pédagogie


Dans une voix qui n’a jamais travaillé (chez les jeunes enfants par exemple), on observe un certain nombre d’associations spontanées* entre plusieurs facteurs vocaux :

  • chanter plus aigu = chanter plus fort = tendre les organes vers le haut (jambes, larynx, têtes, yeux)
  • chanter plus grave = moins articuler le texte = timbre plus sourd
  • chanter moins fort = chanter moins vite = chanter légèrement faux (vers le bas)

On peut alors dessiner un schéma, avec 6 axes parallèles, plus ou moins associés fortement chez chaque chanteur :

Ce qui pose bien évidemment des problèmes. D’abord on ne peut pas se permettre de perdre la pulsation, la justesse ni l’intelligibilité du texte. Ensuite, quelle liberté artistique cela nous laisse-t’il ? On veut pouvoir chanter plus fort ET plus grave, bien entendu !

Donc, on va travailler sur la dissociation de ces éléments, en les prenant 2 par 2 afin de réduire le niveau de complexité.

Exemples :

  • travailler un motif simple en montant la tessiture, mais en diminuant le volume (sur des glissandos, également)
  • chanter ultra-piano un texte sur un bourdon, en hyperarticulant, à différentes vitesses
  • sur un bourdon, chercher des timbres léger avec des harmoniques aigues, puis un timbre sombre et sourd. Le décliner sur toute la tessiture
  • etc.

L’objectif est de gagner en liberté d’action sur l’ensemble de ces axes, afin de pouvoir chanter des choses très variées dans des styles différents.

 

* cela est du principalement à la façon dont notre système nerveux s’est organisé au cours de l’évolution, notament pour réagir de manière appropriée aux bruits stridents et soudains, mais ceci est une autre histoire…

 


Mardi
22
Nov

Oser chanter FORT !

Publié à 16:53, Dans la catégorie A bosser
Tags technique pédagogie


Une bonne moitié des gens que je rencontre et qui souhaitent progresser en chant me disent : “je n’ai pas de volume” ou “je n’ai pas de voix”. En creusant un peu, la reformulation la plus commune est “je n’ose pas et je ne sais pas chanter fort”.

Il se trouve que d’un point de vue technique, tant qu’on donne uniquement un petit volume d’air, de nombreux axes de progression sont inabordables. Et de nombreux styles seront inaccessibles : Gospel, Soul, R&B et la plupart des styles traditionnels.

Donc, une des premières choses à apprendre est d’oser chanter. Si chez vous, il y a des “témoins” ou des “voisins” qui vous intimident, il va falloir commencer par les éloigner de vous, dans la réalité ou dans votre imaginaire. On croit souvent que notre voix traverse les murs, or probablement il n’en est rien (-;

Une fois ce travail sur soi réalisé (et ce peut être difficile), vous pourrez vous atteler aux obstacles concrets : la puissance et la coordination respiratoire, l’ouverture de la bouche, du larynx et de la trachée, la qualité de l’inspiration (nasale et buccale). Pour franchir ces étapes, que la force de l’imaginaire soit avec vous ! je répette souvent ces phrases : “mets un pamplemousse au fond de la gorge”, “chante en direction de l’arrière de ton crâne”, “amorce un baillement”, etc.

Bien entendu, si vous travaillez à ce moment là un répertoire “puissant”, cela va vous aider : osez attaquer un standard du lyrique, par exemple L’amour est enfant de Bohème (Bizet - Carmen), by la grande Callas. Et allez-y, imitez !


Mercredi
19
Oct

Point de vue sur les exercices vocaux

Publié à 09:26, Dans la catégorie Pas d'accord
Tags technique pédagogie exercices


Mes élèves me demandent très souvent un “kit” d’exercices, de type magique, qui amènerait en quelques mois leur voix au top. Bon, déchirons les mythes tout de suite : peu importe les exercices, ce qui est vraiment important est l’attention, la rigueur et le temps que vous allez y porter.

 

Le rôle des exercices :

- “chauffer la voix”. De quoi parle-t-on ? De vasculariser le système vocal et pulmonaire ? Autant faire 5 minutes de travail corporel qui va augmenter le rythme cardiaque, focaliser l’attention et “réveiller” le chanteur. Là, faire en fonction de ses goûts et de ses compétences : gym classique, tai-so, qi-cong, yoga, Feldenkrais, formes codifiées (katas) de divers arts martiaux, etc.

- rassurer le chanteur, lui offrir une routine qui a son rôle dans la gestion du trac. OK, pourquoi pas. Mais attention à la dépendance. Que se passe-t’il un jour de concert ou d’audition, lorsque les conditions sont difficiles et qu’il n’y a pas de temps ou d’espace pour dérouler la routine ? Le risque est fort de rentrer en mode panique et de saboter le moment-clé. Méfiance vis-à-vis des routines systématiques.

- augmenter la sensibilité auditive et kinesthésique. Oui. Tout exercice est l’occasion de s’écouter attentivement, de répéter avec l’envie de s’améliorer, de pratiquer la boucle de feed-back émission - écoute - correction.

- résoudre des problèmes techniques en travaillant un point unique et précis. Oui

Il existe très certainement des milliers d’exercices vocaux documentés, et chacun a sa valeur. Aucun intérêt pour un chanteur en apprentissage d’en faire un catalogue ! Il est bien plus intéressant de pratiquer quelques exercices bien choisis qui vont répondre à une difficulté, à un questionnement, le temps de le résoudre. Ce qui veut dire pour moi, enseignante, maîtriser une batterie d’outils que je vais proposer à chaque élève de manière adaptée. Exemples :

  • Lucie a des problèmes de justesse dans les grands intervalles descendants. Elle n’a pas de problème de geste vocal ni de diaphragme. Je vais lui faire faire des séries d’intervalles sur l’ensemble des voyelles (Cf. Triangle des voyelles) + de la reproduction d’intervalles aléatoires (très lentement) + lui faire écouter des musiques “étrangères” à son système culturel (exemple : musiques modales, musiques à tempérament non normé, musique indienne), des glissandos mesurés descendants (Cf. Glissandos).
  • Lucien n’entend pas et ne peux pas prononcer de manière claire les voyelles ouvertes suivantes : e/ai/o, il les remplace par eu/é/ô. Cela est dû à l’accent local dans lequel il a grandi et interagi la plus grande partie de sa vie. Son articulation chantée est peu claire et il dit lui-même “manquer d’expressivité”. Je vais travailler avec lui en deux temps : des séances de différentiation de la Langue en Feldenkrais, et des exercices vocaux : déformation de voyelles (cf. Triangle), liste de mots parlés/chantés autour des phonèmes concernés, improvisations avec des consignes phonétiques.
  • Lucas est très tendu en début de cours, il exprime des douleurs et admet que la présence de l’enseignant est toujours source de “trac”. Je vais faire avec lui une série d’auto-massage des pieds avec une balle tout en chantant. La consigne est riche, le massage est très prenant et le résultat spectaculaire sur la détente des jambes, l’équilibre et le calme général. On peut ensuite passer à des exercices techniques plus ciblés ou à du travail de répertoire.

Si on considère l’utilité des exercices sous l’angle du “sur-mesure”, comment faire travailler un groupe, alors ?

Bien sûr on ne peut pas travailler à résoudre les problèmes individuels, mais on va pouvoir travailler quelques axes techniques : la tessiture par exemple, la justesse des intervalles, ou proposer des moments de prise de conscience de la respiration. Mais ce qui est également intéressant en groupe, ce sont les “jeux” dans lesquels chaque chanteur a une responsabilité pour que le jeu fonctionne : faire tourner des sons polyphoniques, faire tourner des rythmes, des gestes, des accords, des gammes modales, des codes de plus en plus élaborés. Avec ce type de jeux on fait travailler tout le groupe sur des compétences transverses : attention, mémoire, présence corporelle, écoute sélective, gestion de plusieurs tâches ou consignes, nuances, et bien entendu, on construit au passage un esprit d’équipe.


Mercredi
05
Oct

Petites infections ORL

Publié à 11:31, Dans la catégorie Voix & Santé


C’est l’automne, avec son cortège de chauds-froids et de microbes en vadrouille…

Prévention : vive les produits de la ruche ! miel, pollen, propolis et gelée royale. Mais aussi les plantes en infusion ou en grog : thym, romarin, sauge, citron. Inutile de vous dire qu’une hygiène de vie correcte, en particulier riche en sommeil, fait partie de l’équation ?

Alerte ! ça pique, ça brule, ça mouche et ça tousse… les microbes sont là. Réagissez tout de suite.

Sortez vos huiles essentielles BIO et faites l’inventaire : eucalyptus radiata, thym à tujanol, thym à geraniol, tous les conifères, romarin à cinéole, niaouli, ravensare, ravintsara, cajeput, tea-tree, citron. Parmi celles-ci, qui sont très courantes dans nos pharmacies, on va pouvoir se faire quelque chose. Avec un mélange du type suivant, vous serez parés :

  • 7 gouttes d’eucalyptus radiata, ou romarin à cinéole, ou ravensare, ou tea tree, ou cajeput ou niaouli ou myrte verte (pour la cinéole 1-8)
  • 3 gouttes d’un conifère (sapin, pin, épinette). attention, pas de cèdre !
  • en option, si vous avez : 2 gouttes de thym à tujanol ou à geraniol, ou origan, ou sariette,
  • en option si vous avez : 2 gouttes de citron, ou ravintsara
  • si vous avez un terrain allergique : 1 goutte d’estragon (mais ce n’est pas facile à trouver !)

Application : pur sur les avant-bras en friction, 3-4 gouttes.

La nuit, sur un mouchoir à respirer quelques gouttes.

3 gouttes bien diluées dans une cuiller de miel, sur lequel vous rajoutez de l’eau chaude et une plante à infuser (thym, romarin, sauge, origan, bourgeons de pin…).

Si ça tourne à la bronchite, rajoutez de l’eucalyptus globulus, mais allez voir votre médecin aussi.

 

Bien entendu, il existe des mélanges tout préparés en pharmacie, mais ils sont rarement complètement bio, et souvent mal documentés. Perso, je préfère acheter mes huiles chez les distillateurs ou les herboristes, et faire mes mélanges. Et je me réfère toujours aux bons bouquins dans le domaine : pas d’impro en matière d’huiles essentielles !


Mercredi
05
Oct

Glissandos

Publié à 11:01, Dans la catégorie A bosser
Tags technique pédagogie


Pourquoi travailler des glissandos ?

  • pour “tisser” la voix sur toute la tessiture
  • pour lisser le passage (rupture voix aigue / voix medium)
  • pour décorréler les croyances suivantes : plus aigu = plus fort = plus tendu = plus rapide, et : plus grave = moins tonique = moins fort = moins articulé = plus lent. Non aux corrélations !
  • pour tonifier et assouplir les cordes vocales
  • pour travailler sa respiration

Faire des glissandos peut être l’occasion de travailler : des timbres, des placements, les voyelles, le volume, etc. C’est un exercice génial car il ne demande aucun matériel ni contexte (en voiture, c’est parfait). Tout ce que vous avez à faire, c’est vous donner une consigne intérieure de travail, et être rigoureux. That’s it !

 

 

Comment les travailler ?

  • prendre une note aigue, choisir un phonème (une consonne+une voyelle) et glisser du haut vers le bas, len-te-ment, sans bouger la tête ni plier la colonne. Le plus lentement possible. Dans l’idéal, une expire ne suffit pas à descendre toute la tessiture et vous devez inspirer au milieu, puis reprendre la descente.
  • Les 4 critères de qualités d’un bon glissando : la voyelle choisie ne se déforme pas ; le volume est constant ; la “texture” du son est pleine, sans accroc, sans rupture ; le passage est indiscernable.
  • Même chose en remontant. Pour trouver comment lisser le passage, il va falloir “alléger”. Cherchez.
  • Glissandos mesurés : prendre un intervalle, le travailler en glissant (descente-montée ou l’inverse). Critère de qualité : départ & arrivée sont parfaitement justes + les 4 critères ci-dessus. Pour vous aider, utilisez l’accordeur.
  • Glissandos et nuances : partir assez grave et forte, monter en diminuendo, finir pianissimo.
  • Associer des glissandos avec les yeux
  • Jouer à la “sirène des pompiers” avec des amis chanteurs ou des enfants (les enfants n’ont jamais peur d’avoir l’air ridicule)